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Talaiot de Son Taixaquet d'en Ramonell, près de Tolleric

Talaiot de Son Taixaquet d'en Ramonell, Mallorca
Maria Gelabert, Wikimedia Commons, CC BY 3.0 (Recadrage/mise à l'échelle via mallorca.com)

Le talaiot de Son Taixaquet d'en Ramonell est un édifice préhistorique en pierre situé au sud de Majorque, près de Tolleric, sur le territoire de la commune de Llucmajor. Entre des habitations plus récentes et des terres morcelées, un talaiot carré et isolé a été préservé ici – un témoignage monumental de ces communautés qui ont façonné le visage de l'île bien avant l'époque romaine.

Son charme ne vient pas d'un vaste site de fouilles ni d'une mise en scène élaborée, mais de l'édifice lui-même : d'imposantes rangées de pierres, des angles remarquablement arrondis, un portail presque en arc et une chambre intérieure encore bien visible. Les éléments manquants, comme l’ancienne colonne centrale et les dalles de couverture, montrent à quel point la construction d’origine a été perdue.

Ce site vaut particulièrement le détour pour les voyageurs qui veulent découvrir la préhistoire de Majorque loin des grands complexes touristiques bien connus. Si tu y regardes de plus près, tu découvriras non seulement l'architecture talaiotique, mais aussi des traces d'interventions et d'utilisations ultérieures. C’est justement cette histoire qui s’est superposée au fil du temps qui fait du talaiot bien plus qu’un simple tas de pierres isolé : il raconte comment un monument préhistorique a été réinterprété, modifié au fil des siècles, puis finalement protégé en tant que patrimoine culturel.

Histoire et importance

Avant même que des sources écrites ne permettent de se faire une idée précise de la vie à Majorque, les communautés talaiotiques construisaient des édifices visibles de loin, à partir de gros blocs de pierre. Les chercheurs situent la période talaiotique approximativement dans la première moitié du premier millénaire avant J.-C. et la classent, d’un point de vue technologique, entre la fin de l’âge du bronze et le début de l’âge du fer. De petites communautés, qui vivaient principalement de l’agriculture et de l’élevage, organisaient leur territoire autour de tours monumentales et d’autres bâtiments collectifs.

Le nom « talaiot » vient du mot catalan « talaia », qui désigne une tour ou un poste d’observation. Cette appellation a longtemps laissé penser que ces constructions étaient avant tout des tours de guet et de défense. Aujourd’hui, on évalue leur fonction avec plus de prudence : Selon les sites, les talaiots auraient pu remplir des fonctions communautaires, économiques, représentatives, territoriales ou défensives. On évoque aussi les rassemblements, ainsi que la transformation ou la distribution de denrées alimentaires. Pour le talaiot de Son Taixaquet d'en Ramonell, aucune utilisation précise n'a toutefois été établie avec certitude.

La période talaiotique

Ce bâtiment isolé faisait partie d'un ensemble plus vaste de monuments préhistoriques situés sur le domaine de Son Taixaquet. Sa forme carrée le distingue des talaiots ronds, qu'on trouve aussi un peu partout à Majorque. Ses murs massifs et son espace intérieur relativement petit suivent pourtant un principe fondamental de l'architecture monumentale talaiotique : de grandes quantités de pierres ont été empilées de manière à créer un bâtiment durable et imposant.

La réalisation a nécessité un travail collectif bien organisé. Les blocs ont été assemblés sans mortier pour former des murs épais ; à l'intérieur, un pilier, associé à des dalles de couverture en pierre, devait soutenir la structure supérieure. L'absence actuelle du pilier et des dalles de couverture empêche une reconstruction complète, mais permet tout de même de discerner le principe technique de la construction.

Fouilles et découvertes

Vers 1920, le talaiot a été vidé. C'est là qu'on a découvert une pointe en bronze, des perles en pâte vitrifiée, de la céramique et des meules. Ces objets relient le monument à des activités concrètes et à des modes de vie humains, même si leur attribution exacte à des phases d'utilisation spécifiques n'est pas toujours claire.

Au même moment, des pièces voisines ont été détruites. Du coup, une partie du contexte archéologique, qui aurait été importante pour l'interprétation du talaiot, a été perdue. Plus tard, on a aussi recensé des sépultures à plat au-dessus de dalles de pierre. Ça montre que le site a été réutilisé d’une autre manière après sa période initiale de construction et d’occupation.

Du monument au pigeonnier

Un épisode ultérieur particulièrement parlant, c'est quand on l'a transformé en pigeonnier. Du coup, ce bâtiment préhistorique n'était plus juste là pour être regardé ou ignoré, mais on l'a adapté à un usage pratique. Ce genre d'interventions peut modifier le patrimoine historique, mais elles font désormais elles-mêmes partie de la longue histoire du lieu.

Depuis le 10 septembre 1966, le talaiot est classé bien culturel d'intérêt particulier. Cet classement souligne son importance en tant que partie intégrante du patrimoine archéologique de Llucmajor – non pas comme un objet isolé parfaitement conservé, mais comme un monument où l'architecture préhistorique, son utilisation ultérieure et la protection moderne du patrimoine se rencontrent directement.

Ce qu'il y a à voir

À première vue, le talaiot semble compact et fermé. Ce n’est qu’en le contournant que ses particularités apparaissent clairement : sa forme de base est carrée, mais ses angles sont légèrement arrondis. On n’a donc pas affaire à un bloc aux arêtes vives, mais à un édifice dont les murs extérieurs épousent presque en douceur la forme de la chambre. Avec une superficie au sol d’environ 11,8 mètres sur 11,6 et une hauteur conservée d’environ 3,7 mètres, il conserve, malgré les pertes subies, une masse impressionnante.

La maçonnerie carrée

Les murs extérieurs sont la partie la plus importante du site. De grosses pierres irrégulières sont empilées en couches épaisses et révèlent une technique de construction qui se passait de mortier. De près, on peut observer comment la forme, le poids et la position de chaque bloc s’articulent entre eux. Le mur n’est pas conçu comme une façade lisse ; son effet provient de la profondeur de l’assise et de sa surface massive, presque sculpturale.

Les angles arrondis du bâtiment sont particulièrement révélateurs ; c'est en faisant lentement le tour du bâtiment qu'on peut le mieux les comparer. De face, le bâtiment semble d'abord anguleux, tandis que la vue de profil met en évidence la transition entre les surfaces extérieures. Ce détail caractérise la construction bien plus clairement que n'importe quelle description abstraite du plan.

Le portail d'entrée

L'entrée fait partie des éléments les plus caractéristiques. Son ouverture a une forme presque arquée et comporte un petit seuil. Contrairement à une véritable arche en maçonnerie, sa forme résulte de la disposition de grosses pierres. C'est justement là qu'on voit comment les constructeurs ont géré l'espace limité, le poids important et la pression exercée par la maçonnerie située au-dessus.

On a tendance à ne pas remarquer le seuil, car le regard se porte généralement d'abord sur l'ouverture du portail et la pièce qui se trouve derrière. Pourtant, il marque très clairement la transition entre l'extérieur et l'intérieur. Si tu regardes l'entrée sous différents angles, tu verras aussi à quel point l'ouverture est profondément encastrée dans le mur massif.

La chambre intérieure

Derrière le portail se trouve une salle préservée d'environ 6,1 mètres sur 5,7. Ses dimensions mettent en évidence le rapport entre le grand volume extérieur du bâtiment et l'espace intérieur relativement restreint. Une partie importante de la surface au sol est occupée par les murs – une caractéristique qui fait tout le caractère monumental du talaiot.

Cette salle est aussi l'endroit idéal pour imaginer la structure du plafond qui a disparu. À l'origine, un pilier central devait soutenir les dalles de pierre qui se trouvaient au-dessus. Ni ce pilier central ni les dalles de plafond n'ont été conservés, ce qui explique pourquoi l'intérieur semble aujourd'hui plus ouvert qu'il ne l'était sans doute à l'époque talaiotique. L'absence de ce point central n'est pas une perte anodine : elle modifie l'effet spatial et prive l'édifice d'une partie essentielle de son système statique d'origine.

Traces d'une utilisation ultérieure

Tout ce qu’on voit ne date pas forcément de la première phase de construction. Son utilisation comme pigeonnier a entraîné des changements, et les travaux de déblaiement vers 1920 ont aussi modifié la structure d’origine. Il ne faut donc pas considérer le talaiot comme un instant figé de la préhistoire. Son aspect actuel est le résultat de plusieurs étapes historiques.

Les sépultures documentées sur des dalles de pierre font aussi partie de cette longue histoire. Elles montrent que le site a continué à avoir de l'importance même après avoir perdu sa fonction d'origine. Sans explication archéologique, ce genre de découvertes n'est pas toujours facile à identifier sur place. Mais le fait de les connaître change quand même ton regard : sous et entre les murs visibles se cache un lieu plus complexe que ce que laisse supposer au premier abord son aspect extérieur compact.

La visite

Le mieux, c'est de ne pas commencer par le portail, mais de faire le tour complet du bâtiment. Ça te permet de te rendre compte de sa forme de base presque carrée, sans oublier les angles arrondis. En alternant entre la façade, les côtés et l'arrière, on comprend à quel point le talaiot donne une impression de fermeture vers l'extérieur et quelle part de sa surface est occupée par des murs massifs.

Le tour extérieur

En faisant le tour du mur, ça vaut le coup de suivre du regard chaque rangée de pierres. Certains blocs forment de longues lignes horizontales, d’autres compensent les différences de hauteur ou relient entre elles des parties voisines. Cette observation t’en dit plus sur la technique de construction que la simple impression de « grosses pierres ». En même temps, on repère des zones où des modifications ou des pertes ultérieures ont altéré l'aspect d'origine du mur.

Il faut regarder ces angles arrondis à quelques pas de distance, car quand tu es juste contre le mur, leurs proportions disparaissent vite de ton champ de vision. En revanche, si tu les regardes en diagonale depuis l'en face, tu verras que ces arrondis ne sont pas le résultat aléatoire de la dégradation, mais qu'ils déterminent la forme extérieure du bâtiment carré.

Portail et chambre

Ensuite, c'est le portail, presque en forme d'arc, qui attire l'attention. On peut y percevoir à la fois le petit seuil, la profondeur de l'entrée et la transition vers la salle intérieure. Dans la salle, en regardant vers le centre et vers le haut, tu peux imaginer la colonne manquante et les dalles de couverture qui n’existent plus. C’est seulement à ce moment-là que tu te rends compte que l’impression d’espace que tu as aujourd’hui ne correspond pas à l’état d’origine de la pièce.

C'est difficile de fixer une durée de visite précise pour cet endroit. Si tu veux juste en admirer l'aspect extérieur, ça te prendra bien moins de temps que si tu veux comparer la technique de maçonnerie, le portail, la chambre et les modifications ultérieures. Le talaiot n'est pas un site qui te fait passer par une longue série d'étapes ; son intérêt réside dans l'observation attentive et concentrée d'un seul monument.

Préparation avant le départ

Il vaut mieux vérifier les conditions d'accès avant de venir. Le talaiot se trouve dans un paysage morcelé, dans la région de Can Ramonell, plus précisément sur l'ancien domaine de Son Taixaquet, et non pas dans un parc muséal urbain. Les horaires d'ouverture et les tarifs d'entrée ne sont pas toujours clairement indiqués ; c'est pourquoi on te conseille de vérifier les conditions d'accès actuelles juste avant de partir.

Le fait que l'endroit soit isolé ne veut pas dire qu'on peut y accéder à tout moment. Il ne faut donc pas laisser au hasard l'heure de la journée, la configuration du terrain et les derniers mètres qui mènent au monument.

Accès et parking

Les temps de trajet indiqués vont jusqu'à Tolleric, pas directement jusqu'aux remparts. Depuis l'aéroport de Palma, la distance par la route jusqu'à Tolleric est de 18 kilomètres ; le trajet dure environ 16 minutes. Depuis le centre de Palma, il y a 24 kilomètres par la route, pour un trajet d'environ 26 minutes. Cet itinéraire passe par la Ma-19 en direction du sud, vers Llucmajor.

Depuis Palma et depuis l'aéroport

La Ma-19 est la principale liaison rapide depuis la région de Palma. Si tu pars du centre-ville, tu la suis en sortant de la ville en direction de Llucmajor. Depuis l'aéroport, Tolleric est aussi rapidement accessible grâce à sa situation au sud-est. Ces deux temps de trajet s'arrêtent toutefois à Tolleric et ne doivent pas être considérés comme l'heure d'arrivée directement au Talaiot.

Pour la dernière partie du trajet, il est important de connaître le nom complet de la destination. Outre le talaiot de Son Taixaquet d'en Ramonell, il existe d'autres sites préhistoriques dans la région de Son Taixaquet, dont le talaiot de Son Taixaquet des Llobets, qui porte un nom similaire. Une recherche abrégée portant uniquement sur « Son Taixaquet » peut donc te mener au mauvais monument. Les noms de lieux supplémentaires « Can Ramonell » et « le domaine de Son Taixaquet » t'aideront à t'orienter.

La dernière pièce

En zone urbaine, l'itinéraire passe de la route interrégionale au réseau routier local du lotissement. Avant de partir, vérifie quel accès est actuellement autorisé. Jeter un coup d'œil rapide à la position exacte sur la carte avant de partir t'évitera de tourner en rond une fois sur place.

Il n'y a pas d'arrêt de bus à proximité immédiate. Si tu viens sans voiture, ne compte pas sur une ligne de bus régulière pour faire les derniers mètres. Si tu prends un taxi ou un service de transport, pense à donner le nom complet du talaiot, ainsi que « Tolleric », « Can Ramonell » et « Llucmajor », pour éviter toute confusion avec les autres sites de Son Taixaquet.

Aux alentours

Tolleric se trouve sur la côte sud de Majorque, dans la vaste commune de Llucmajor. Ici, les habitations côtières récentes et les vestiges préhistoriques de l'arrière-pays sont étonnamment proches les uns des autres. Le talaiot nous rappelle que ce paysage était déjà exploité, aménagé et jalonné de constructions monumentales en pierre bien avant l'apparition des zones résidentielles actuelles.

Son Taixaquet

Le nom « Son Taixaquet » ne désigne pas seulement ce talaiot-là. Le domaine historique comprend, ou comprenait, plusieurs sites archéologiques, dont le talaiot de Son Taixaquet des Llobets, la grotte de Son Taixaquet d'en Toni et le complexe préhistorique de Son Taixaquet de Son Pons Cardaix. À cela s'ajoutent d'autres sites préhistoriques dans la région de Llucmajor.

Pour ceux qui s'intéressent à l'archéologie, ça vaut donc le coup de faire une exploration thématique, à condition de vérifier au préalable les conditions d'accès. Il ne faut pas considérer ces différents sites comme interchangeables : Ramonell se distingue justement par sa construction carrée indépendante, ses angles arrondis et sa chambre bien conservée. Le talaiot du Llobets, dont le nom sonne un peu pareil, est un site à découvrir en soi.

Tolleric et la côte sud

Après avoir bien observé les constructions en pierre, tu peux enchaîner avec une balade le long de la côte. Badia Blava, Badia Gran et Cala Blava font partie des endroits à ne pas manquer sur ce tronçon de la côte sud. Des petites criques comme Cala Mosques et Caló de ses Lleonardes font aussi partie des environs.

Cette combinaison crée un contraste super sympa, sans pour autant alourdir la visite archéologique : d'abord l'architecture massive et repliée sur elle-même d'une tour préhistorique, puis le paysage côtier ouvert. Si tu viens de Palma, tu peux faire du Talaiot une petite étape historique lors d'un trajet vers le sud, plutôt que d'en faire un long tour de l'île à part entière.

L'endroit idéal pour ça

Tolleric dans la présentation de la ville

Ce qu'il faut savoir avant ta visite

Le nom complet, ici, c'est plus qu'une simple désignation formelle. « Talaiot de Son Taixaquet d'en Ramonell » permet de distinguer ce monument de plusieurs autres sites portant des noms similaires et situés sur le même domaine historique. On te conseille de noter à l'avance la position exacte sur la carte et de ne pas te contenter de chercher « Talaiot Son Taixaquet ».

Lire correctement plutôt que de reconstituer

Il ne faut pas s'attendre à ce que la tour soit entièrement conservée. Le pilier central et les dalles de couverture en pierre manquent, les pièces adjacentes ont été détruites vers 1920, et le bâtiment a ensuite été transformé en pigeonnier. C’est justement pour ça qu’il est utile de suivre un ordre précis : d’abord la forme extérieure et les angles arrondis, puis le portail et le seuil, et enfin la chambre avec son centre disparu.

Il faut faire attention non seulement au sol, mais aussi à la structure : les pierres qui bougent ne doivent ni être déplacées, ni servir de siège ou d'aide pour grimper. L'aspect massif ne doit pas te faire oublier que les murs en pierres sèches et les vestiges archéologiques peuvent être endommagés par des interventions irréfléchies.

Visite avec des enfants

Pour les enfants, ce lieu prend tout son sens surtout quand le bâtiment n'est pas présenté comme une ruine sans nom. Le portail, les murs d’une épaisseur inhabituelle et l’absence de pilier central offrent des questions d’observation faciles à comprendre : où commence la courbe de l’angle ? À quel point l’intérieur est-il petit par rapport à la forme extérieure ? Quelles pierres soutiennent l’ouverture au-dessus de l’entrée ?

Le talaiot demande un peu d'imagination et une observation sereine. Si tu prévois de venir avec des enfants, tu peux leur montrer avant une image d'un talaiot complet ; ça leur permettra de mieux comprendre, une fois sur place, pourquoi il manque une colonne et pourquoi le toit en pierre a disparu.

Respecte les lieux et la propriété

Le statut de monument historique protège le monument, mais ça ne supprime pas les limites de propriété ni les règles d'accès en vigueur. Avant de partir, il faut donc vérifier si l'accès est autorisé. Une fois sur place, il faut respecter les chemins et les limites visibles. De toute façon, ce n'est pas en explorant chaque recoin que tu en tireras le plus grand plaisir, mais en observant attentivement l'architecture visible.

Les bons plans des locaux

  • Regarder les coins de travers

    C'est sous un angle oblique qu'on apprécie le mieux la forme carrée. On voit alors à quel point les murs extérieurs épousent en douceur les angles arrondis – l'un des détails les plus caractéristiques du talaiot.

  • Fais gaffe au seuil

    Au niveau du portail d'entrée, qui est presque en forme d'arc, le regard se porte généralement tout de suite vers la salle. Juste en dessous, il y a cependant un petit seuil qui marque le passage à travers ce mur exceptionnellement profond.

  • Chercher le centre manquant

    Dans la salle intérieure, ça vaut le coup de lever les yeux vers le centre. C'est là qu'il y avait autrefois la colonne qui soutenait les dalles de pierre du plafond ; aujourd'hui, les deux ont disparu, ce qui change complètement l'ambiance de la pièce.

  • Lire plusieurs couches temporelles

    Ce bâtiment n'est pas seulement préhistorique : il a ensuite été transformé en pigeonnier. Des sépultures documentées, recouvertes de dalles de pierre, montrent aussi que le site a continué à être utilisé après sa fonction initiale.

  • Ne te trompe pas sur Ramonell

    Utilise toujours le nom complet quand tu fais une recherche. Le Talaiot de Son Taixaquet des Llobets est un autre monument appartenant au même domaine historique et on peut facilement le confondre si on fait une recherche trop succincte.

26°C Tolleric
C'est quoi, le Talaiot de Son Taixaquet d'en Ramonell, et pourquoi ça vaut le coup d'y aller ?
Le talaiot de Son Taixaquet d'en Ramonell est un édifice en pierre carré et isolé, datant de la culture talaiotique, situé dans le sud de Majorque. À voir surtout : ses murs en pierres sèches massifs, ses angles arrondis, son portail d'entrée presque en arc et sa chambre intérieure bien conservée. Ce site vaut le détour non pas tant comme un site de fouilles classique avec de nombreuses étapes, mais plutôt comme une rencontre ciblée avec un monument préhistorique unique, où l’on peut bien observer la construction, les modifications ultérieures et sa longue histoire d’utilisation.
De quelle époque date le talaiot de Son Taixaquet d'en Ramonell ?
Ce monument s'inscrit dans le contexte culturel talaiotique des Baléares. Les chercheurs situent cette époque approximativement dans la première moitié du premier millénaire avant J.-C., c'est-à-dire à la transition entre la fin de l'âge du bronze et le début de l'âge du fer. On ne connaît pas la date exacte de construction de ce talaiot. C’est pourquoi son contexte historique est important : ce monument a été érigé bien avant la domination romaine et faisait partie d’un paysage composé de villages, de terres cultivées et de bâtiments communautaires monumentaux à Majorque.
À quoi servait le talaiot à l'origine ?
La fonction exacte du talaiot de Son Taixaquet d'en Ramonell n'est pas établie avec certitude. Le nom « talaiot » vient de « talaia », qui veut dire tour ou poste d'observation, et rappelle les anciennes interprétations qui y voyaient une tour de guet. Dans la recherche, on envisage toutefois plusieurs fonctions pour les talaiots : contrôle territorial, défense, rassemblements, représentation, ainsi que des activités communautaires ou économiques. Il serait donc trompeur de qualifier cette construction exclusivement de tour de guet, de sanctuaire ou de bâtiment d'habitation.
Quels éléments peut-on encore distinguer aujourd'hui ?
Ce bâtiment presque carré mesure environ 11,8 mètres sur 11,6 mètres et atteint encore une hauteur d’environ 3,7 mètres. On remarque surtout ses angles arrondis et ses murs extérieurs massifs, assemblés sans mortier. Le portail d’entrée a presque la forme d’un arc et comporte un petit seuil. À l’intérieur se trouve une salle d’environ 6,1 mètres sur 5,7. L’ancienne colonne centrale et les dalles de couverture en pierre ont disparu, ce qui fait que la pièce semble aujourd’hui beaucoup plus ouverte que dans sa configuration d’origine.
Y a-t-il des horaires d'ouverture fixes ou faut-il payer pour entrer ?
Les horaires d'ouverture fixes et le prix d'entrée actuel du Talaiot ne sont pas répertoriés. Comme les conditions d'accès peuvent changer et que le monument ne se trouve pas sur le site d'un musée municipal, on te conseille de vérifier les conditions d'accès juste avant de partir. Ça vaut aussi même si une appli de cartographie indique que l'accès est libre. Une position sur la carte ne te dit pas si tu peux emprunter un chemin d'accès précis ni si les règles d'accès au site et de visite ont changé entre-temps.
Comment aller au Talaiot depuis Palma et depuis l'aéroport ?
Les informations sur l'itinéraire validées vont jusqu'à Tolleric. Depuis le centre de Palma, l'itinéraire passe par la Ma-19 ; le trajet, long de 24 km, dure environ 26 minutes. Depuis l'aéroport de Palma, il y a 18 km jusqu'à Tolleric et le trajet dure environ 16 minutes. Il faut prévoir un peu plus de temps pour la dernière partie du trajet jusqu'au talaiot, car ces distances ne s'arrêtent pas juste devant le monument. Pour la navigation, utilise toujours le nom complet en indiquant « Can Ramonell », « Tolleric » ou « Llucmajor ».
Est-ce qu'on peut se garer juste à côté du talaiot ou s'y rendre en bus ?
Il n'y a pas d'arrêt de bus répertorié à proximité immédiate du talaiot de Son Taixaquet d'en Ramonell. Les informations de transport confirmées ne vont que jusqu'à Tolleric et ne s'arrêtent pas juste à côté du monument. Si tu viens sans voiture, tu devrais donc organiser cette dernière étape à l'avance. Si tu prends un taxi ou un service de transport, il est conseillé d'indiquer le nom complet du talaiot ainsi que Tolleric, Can Ramonell et Llucmajor. Ça réduit le risque de confusion avec d'autres sites préhistoriques dans la région de Son Taixaquet, notamment le talaiot de Son Taixaquet des Llobets.
Est-ce que c'est le même endroit que le talaiot de Son Taixaquet des Llobets ?
Non. Le talaiot de Son Taixaquet d'en Ramonell et celui de Son Taixaquet des Llobets sont deux monuments archéologiques différents. Ils portent tous les deux le nom du domaine historique de Son Taixaquet, ce qui fait que les recherches abrégées peuvent facilement te mener au mauvais endroit. Ramonell est décrit comme un talaiot carré isolé, aux angles arrondis, doté d'un portail presque en arc et dont la chambre intérieure est bien conservée. Sur les services de cartographie et de navigation, il ne faut donc jamais taper uniquement « Son Taixaquet ».
Quelles découvertes archéologiques a-t-on faites au Talaiot ?
Lors d'un déblaiement vers 1920, on a trouvé une pointe en bronze, des perles en pâte vitrifiée, de la céramique et des meules. Mais ces objets ne permettent pas à eux seuls de déterminer avec certitude la fonction exacte du bâtiment. Plus tard, on a également recensé des sépultures à corps entier, enterrées à plat au-dessus de dalles de pierre. Elles indiquent une utilisation ultérieure du site et montrent clairement que l'histoire du talaiot ne s'est pas achevée avec la fin de l'époque talaiotique.
Est-ce que le talaiot a continué à être utilisé après la préhistoire ?
Oui. Ce qui frappe particulièrement, c'est la transformation ultérieure de ce bâtiment préhistorique en pigeonnier. De plus, les archéologues ont mis au jour des sépultures à plat recouvertes de dalles de pierre. Vers 1920, le bâtiment a été vidé, tandis que les pièces adjacentes ont été détruites. Son état actuel ne reflète donc pas uniquement l’architecture talaiotique d’origine, mais le résultat de plusieurs phases d’utilisation et de transformation. C’est justement cette superposition qui rend ce site intéressant pour l’histoire de la protection du patrimoine et de l’aménagement du paysage.
Est-ce que le Talaiot est un endroit où on peut aller avec des enfants ?
La visite peut être plus concrète pour les enfants si elle s'accompagne d'exercices d'observation précis. On remarque tout de suite les murs super épais, les angles arrondis, le petit seuil du portail et la grande différence entre la structure extérieure et la chambre intérieure. Ça aide d’expliquer avant la visite qu’il y avait autrefois une colonne au milieu et que le toit était fait de dalles de pierre. On peut ainsi considérer le talaiot comme un édifice carré en pierre indépendant, dont les angles arrondis, le portail presque en forme d’arc et la chambre préservée illustrent bien la construction talaiotique.
Qu'est-ce qu'on peut faire d'autre dans les environs ?
Si tu t'intéresses à l'archéologie, tu peux découvrir d'autres sites de l'ancien domaine de Son Taixaquet, notamment le talaiot indépendant de Son Taixaquet des Llobets, la Cova de Son Taixaquet d'en Toni et le complexe préhistorique de Son Taixaquet de Son Pons Cardaix. Il vaut mieux vérifier séparément les conditions d'accès pour chacun d'entre eux. Pour un contraste paysager, tu peux découvrir des portions de la côte sud près de Tolleric ainsi que des endroits comme Badia Blava, Badia Gran ou Cala Blava, sans pour autant en faire un seul site archéologique.