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Okupas à Majorque : protection contre les squatteurs et expulsion légale 2025/26

Responsable du contenu : Frank Menze

Tu rentres après un long séjour en Allemagne dans ta finca ou ton appartement à Majorque – et tu découvres que des inconnus y vivent. Ce scénario n'est pas un mythe médiatique : rien qu'en 2024, 16 426 cas d'occupation illégale de logements ont été recensés dans toute l'Espagne, soit une hausse de 7,4 % par rapport à l'année précédente. Pour les propriétaires à Majorque, le sujet de la protection contre les okupas est donc plus que jamais d'actualité. Ce guide t'explique la nouvelle situation juridique issue de la Ley Orgánica 1/2025, la distinction déterminante entre logement habité (morada) et bien de vacances inoccupé — c'est elle, et non un prétendu délai de 48 heures, qui détermine ce que la police est autorisée à faire —, la marche à suivre exacte pour une expulsion, des mesures de prévention concrètes et les erreurs les plus fréquentes – pour que tu ne perdes pas une minute en cas de besoin.

Okupas à Majorque : protection et expulsion 2025/26

Qui sont les okupas – et pourquoi Majorque est-elle concernée ?

Le terme « okupa » vient du verbe espagnol ocupar (occuper) et désigne des personnes qui s'introduisent par la force, sans aucun droit, dans des biens appartenant à autrui. Les racines du problème remontent à la crise financière espagnole de 2008–2014 : plus de 600 000 saisies immobilières ont laissé derrière elles des centaines de milliers de biens vacants. Ce qui a commencé comme une détresse sociale s'est en partie transformé en véritable modèle économique organisé.

Des groupes bien organisés repèrent délibérément les biens qui semblent inoccupés depuis longtemps – et c'est justement là le problème de fond pour les propriétaires germanophones à Majorque : beaucoup n'utilisent leur bien que de façon saisonnière ou comme résidence secondaire, et sont absents plusieurs mois par an. Certains réseaux de squatteurs réclament ensuite de l'argent pour une expulsion « volontaire », voire relouent illégalement le bien occupé.

Selon les données disponibles, ce sont surtout les biens bancaires vacants ainsi que les biens de vacances situés dans des zones peu animées en dehors de la haute saison qui sont concernés. Les Baléares ont parfois connu des hausses disproportionnées : entre janvier et septembre 2021, le nombre d'occupations signalées aux Baléares a augmenté de 73,9 %, atteignant 407 cas – bien plus que la hausse nationale de 18 % sur la même période.


Ce qui compte vraiment : morada ou non-morada

À propos de l'occupation illégale circule avec insistance une « règle des 48 heures » : qui réagit dans les 48 heures obtiendrait une expulsion policière immédiate, passé ce délai il faudrait un juge. Ce délai ne figure dans aucune loi espagnole – ni dans le Código Penal, ni dans la Ley de Enjuiciamiento Criminal. C'est une règle empirique répandue dans la pratique pour évaluer la flagrancia, pas une norme juridique. Celui qui s'y fie compte sur une garantie que personne ne lui a donnée.

Ce qui compte, c'est plutôt quel type de bien a été occupé. Le droit espagnol distingue deux qualifications :

Bien Qualification juridique Ce que cela signifie concrètement
Logement habité (morada) – résidence principale ou secondaire réellement utilisée Allanamiento de morada, art. 202 du Código Penal Atteinte à la paix domestique ; la police peut intervenir immédiatement en cas de flagrant délit
Résidence secondaire ou bien de vacances inoccupé – non utilisé comme domicile Usurpación, art. 245 du Código Penal Elle est constituée dès la première minute, pas seulement après 48 heures – mais la police a généralement besoin d'une décision judiciaire

Important pour les propriétaires de biens de vacances : c'est précisément là que se situe le malentendu le plus dommageable. Un bien de vacances inoccupé à Majorque n'est typiquement pas une morada. C'est la usurpación qui s'applique – et dans ce cas, une expulsion immédiate par la police sans juge n'est en règle générale pas possible, que six ou quarante-huit heures se soient écoulées. Celui qui compte sur une expulsion immédiate sera déçu.

Pourquoi la rapidité compte quand même

Le fait qu'il n'existe aucun délai légal ne signifie pas que le temps n'a pas d'importance – il agit simplement par un autre mécanisme. Si tu signales une occupation au moment même des faits, cela permet une intervention pour flagrancia (flagrant délit). La question de savoir s'il y a flagrance est une question de fait – elle dépend de si l'acte est encore en cours ou vient tout juste de se produire et que cela puisse être prouvé, pas du fait qu'une horloge se soit écoulée. Plus tôt tu en es informé et plus tôt tu le signales, plus ce cas de figure est susceptible de s'appliquer. Les voisins, le syndic ou un système d'alarme avec télésurveillance sont donc le levier le plus efficace – non pas parce qu'ils respectent un délai, mais parce qu'ils créent tout simplement la condition préalable à une intervention immédiate.

Attention : même la Ley Orgánica 1/2025 n'a pas instauré de règle des 48 heures. Elle a fait relever usurpación et allanamiento du juicio rápido – les procédures durent ainsi plutôt des semaines que des mois. C'est une amélioration réelle, mais elle ne remplace pas la décision judiciaire.


La Ley Orgánica 1/2025 : ce que la nouvelle loi change vraiment

En avril 2025, la Ley Orgánica 1/2025 est entrée en vigueur – connue familièrement sous le nom de loi anti-okupa. L'une de ses réformes clés porte sur l'adaptation de l'article 795 du code de procédure pénale espagnol : certains cas de violation de domicile et d'occupation illégale peuvent désormais être jugés en procédure accélérée (juicio rápido).

Comparaison : le droit des okupas avant et après la Ley Orgánica 1/2025 – durée de la procédure, pouvoirs de police, expulsion

Ce qui a concrètement changé

Caractéristique Avant la réforme Après la Ley Orgánica 1/2025
Durée type de la procédure Jusqu'à 2 ans Possible dès 15 jours
Pouvoir policier en cas de preuve de propriété claire Autorisation judiciaire requise Intervention directe possible
Exécution de l'expulsion Souvent des mois après le jugement Accélérée, en règle générale dans les jours suivant la décision
Argument de protection lié à la « vulnérabilité » des occupants Pouvait fortement retarder la procédure Nettement restreint dans les cas d'occupation illégale à caractère criminel
Peines pour les bandes organisées et les récidivistes Peines modérées Nettement durcies

À noter : la procédure accélérée ne s'applique explicitement pas aux conflits locatifs — c'est-à-dire aux locataires qui restent dans le logement malgré un contrat expiré ou des impayés. Ces cas relèvent toujours du droit civil et passent par le juicio verbal ou le juicio ordinario.

Où la réforme atteint ses limites

La réalité est plus nuancée : dans les petits tribunaux de Majorque, lorsque les preuves sont claires, des expulsions ont effectivement été exécutées en deux à trois semaines, selon certains rapports. Dans les tribunaux très engorgés — comme dans la province d'Alicante ou à Barcelone —, un juge madrilène a jugé le délai de 15 jours irréaliste. Le manque chronique de personnel dans la justice espagnole freine aussi la procédure accélérée : quand la notification des actes judiciaires accuse des mois de retard, des délais plus courts ne servent pas à grand-chose.


Droit pénal vs droit civil : quelle est la bonne procédure ?

L'une des confusions les plus fréquentes chez les propriétaires concernés consiste à mélanger ces deux voies juridiques.

Critère Procédure pénale (vía penal) Procédure civile (vía civil)
Cas d'application Intrusion illégale, aucune relation contractuelle avec l'occupant Litige locatif, contrat expiré, impayés
Base légale Art. 202 et 245 du Code pénal LAU (loi sur les baux), LEC (code de procédure civile)
Infraction concernée Violation de domicile (allanamiento de morada) / Usurpación Desahucio (procédure d'expulsion)
Durée habituelle après la réforme Quelques semaines à quelques mois Des mois, voire plus d'un an
Ouverture de la procédure Dépôt de plainte (denuncia) auprès de la police ou du parquet Action en justice devant le tribunal civil compétent

Si quelqu'un est entré légalement dans les lieux (en tant que locataire) et refuse maintenant de partir, une plainte pénale ne sert pas à grand-chose. C'est alors le desahucio qui est la bonne voie – et il passe par le tribunal civil, séparément de la nouvelle procédure accélérée.


Étape par étape : comment réagir en cas d'urgence

Si tu constates, ou si tu as des raisons sérieuses de soupçonner, que ton bien est occupé, les heures qui suivent sont décisives.

Comparatif en barres des coûts uniques de prévention technique contre les okupas : détecteur de mouvement avec éclairage 50 à 200 euros, serrure de sécurité certifiée classe 4+ 200 à 600 euros, caméras extérieures 300 à 1 000 euros. S'y ajoute un système d'alarme avec télésurveillance à partir d'environ 30 euros par mois. Pour les biens à usage saisonnier, c'est l'investissement le plus judicieux : seul celui qui remarque immédiatement une occupation peut la signaler pendant qu'elle a lieu — et ce n'est qu'à cette condition qu'une intervention pour flagrancia peut être envisagée.
  1. Appelle immédiatement la police locale (Policía Local) ou la Guardia Civil – au 112 (numéro d'urgence) ou au 062 (Guardia Civil). Décris clairement la situation comme une possible violation de domicile.
  2. Aie ta Nota Simple à portée de main – sans extrait de registre foncier récent (Nota Simple), la police prend souvent une plainte moins au sérieux. Idéalement, garde ce document en version numérique sur ton smartphone. Tu peux obtenir la Nota Simple en ligne auprès du Registro de la Propiedad.
  3. Déposer une plainte (denuncia) – Auprès de la police ou directement au tribunal (Juzgado de Instrucción). La plainte constitue la base de la procédure accélérée.
  4. Faire appel à un avocat – Un avocat (abogado) spécialisé en droit immobilier à Palma connaît le tribunal compétent et peut accélérer efficacement la procédure. N'essaie pas de mener la démarche sans aide juridique.
  5. Rassembler des preuves – Photos, témoignages, enregistrements de caméras, échanges écrits. Plus ta preuve de propriété et la constatation de l'intrusion illégale sont claires, plus vite le juge pourra rendre son ordonnance.
  6. NE COUPE PAS les fournitures – Ni l'électricité ni l'eau. En Espagne, c'est un délit (delito de coacciones) qui peut se retourner contre toi dans la procédure.
  7. Attendre l'audience et l'ordonnance d'expulsion – Dans le cadre de la procédure accélérée, la décision peut arriver en quelques semaines ; pour la procédure ordinaire, il faut compter plusieurs mois.
  8. Exécution de l'expulsion – L'huissier de justice procède à l'exécution, accompagné de la police. Tu n'as pas le droit d'ouvrir la porte toi-même.

Attention – la justice privée est punissable : changer les serrures, couper l'eau ou l'électricité, forcer les occupants à partir par des menaces – tout cela peut être retenu contre toi comme delito de coacciones. Faire appel à des « prestataires d'expulsion » privés qui agissent par intimidation est également risqué sur le plan juridique. Tiens-toi strictement à la voie légale.


Prévention : comment protéger ton bien immobilier à Majorque

La protection commence bien avant une occupation. Les mesures suivantes réduisent considérablement le risque – et accélèrent la procédure le cas échéant.

Mesures de protection techniques

Mesure Effet Coût (indicatif)
Serrure de sécurité certifiée (classe 4+) Effraction considérablement compliquée 200–600 €
Alarme avec télésurveillance Notification immédiate en cas d'intrusion à partir d'env. 30 €/mois de monitoring
Caméras extérieures (vidéosurveillance) Preuves en cas d'incident, effet dissuasif 300–1 000 € d'installation
Grilles de sécurité / volets avec serrure Barrière physique variable selon le nombre de fenêtres
Détecteur de mouvement avec éclairage Dissuasion la nuit 50–200 €

Mesures organisationnelles

  • Faire appel à une gestion immobilière : une gérance locale (administrador de fincas) ou une personne de confiance sur place peut vérifier régulièrement que tout va bien et agir immédiatement en cas d'urgence.
  • Impliquer les voisins : demande explicitement à tes voisins directs de signaler toute activité suspecte. Donne-leur ton numéro de portable ainsi que celui de l'avocat local.
  • Garder le bien « habité » : variation régulière de l'éclairage (minuterie), extérieur bien entretenu, aucun signe évident d'inoccupation.
  • Garde la Nota Simple et l'Escritura sous forme numérique : Télécharge les documents de propriété sur un cloud auquel toi et ton avocat pouvez accéder à tout moment.
  • Assurance habitation avec protection anti-squat : Certains produits d'assurance en Espagne proposent désormais une protection spécifique pour les frais liés aux squats, comme les honoraires d'avocat et les réparations après une expulsion. Pour en savoir plus, consulte notre guide sur l'assurance habitation en Espagne.

Assurances contre les squats : ce que propose le marché

En Espagne, il existe désormais des clauses complémentaires spécialisées et des produits autonomes destinés à protéger les propriétaires contre les frais liés aux squats. Ce marché évoluant rapidement, il est conseillé de demander les conditions précises directement auprès des assureurs. Les éléments de garantie typiques de ces produits sont :

  • Prise en charge des frais d'avocat et de justice dans la procédure d'expulsion
  • Indemnisation pour perte de loyer pendant la durée de l'occupation
  • Prise en charge des frais de changement de serrure et de réparation des dommages après l'expulsion

À noter : Lis attentivement les petits caractères. De nombreuses polices excluent certains types de biens (comme les résidences purement touristiques sans statut de résidence principale) ou les squats déjà en place avant la signature du contrat.


Les erreurs les plus fréquentes des propriétaires

Ces erreurs reviennent sans cesse chez les avocats expérimentés de Majorque – et chacune d'elles peut retarder ta procédure de plusieurs semaines, voire plusieurs mois.

Erreur Conséquence
Entrer soi-même dans le logement et confronter les squatteurs Possibilité de plainte pénale contre toi ; la situation en matière de preuves se dégrade
Couper l'électricité ou l'eau Delito de coacciones, peut être interprété en faveur des squatteurs
Pas de Nota Simple récente sous la main La police ne peut pas enregistrer la plainte efficacement
Attendre trop longtemps avant d'agir Une intervention pour flagrancia n'est plus possible ; seule la procédure formelle reste envisageable
Procédure civile au lieu de procédure pénale en cas d'occupation illégale avérée Base juridique erronée, retard inutile
Renoncer à chercher un avocat et tout tenter soi-même Des vices de forme retardent ou compromettent la procédure
« Négocier » avec les squatteurs sans avocat Les paiements aux squatteurs peuvent engendrer des problèmes juridiques
Ne pas contrôler régulièrement le bien immobilier L'occupation passe inaperçue pendant des semaines ; une intervention en flagrant délit devient alors impossible

Ce qu'il faut vérifier lors de l'achat : biens occupés et due diligence

Si tu achètes un bien immobilier à Majorque, tu dois absolument vérifier avant le rendez-vous chez le notaire que le bien est libre de toute charge et réellement inoccupé. Une occupation en cours est généralement visible, mais pas toujours. Confie une due diligence complète à un avocat local, incluant une visite physique et une vérification récente du registre foncier.

Dans le processus d'achat, une règle s'applique aussi : un titre de propriété authentifié par notaire (Escritura Pública) est l'arme la plus importante en cas de problème. Celui qui se renseigne sur le déroulement correct de l'achat immobilier évite dès le départ les lacunes dans la documentation.

À noter : si tu achètes un bien déjà occupé, tu n'hérites généralement pas automatiquement d'une procédure en cours. Cela doit être réglé explicitement – fais-le sécuriser par ton avocat dans le contrat de vente.


Check-list : protection anti-okupa pour les propriétaires à Majorque

  • Nota Simple actuelle enregistrée numériquement et accessible à l'avocat
  • Serrure de sécurité classe 4+ installée
  • Alarme avec notification à distance activée
  • Personne de confiance ou gestion immobilière mandatée sur place
  • Voisins munis des coordonnées de contact
  • Contact établi avec un avocat spécialisé en droit immobilier à Palma (avant que ce ne soit nécessaire)
  • Police d'assurance vérifiée quant à la clause anti-okupa
  • Escritura et tous les documents d'achat archivés en sécurité
  • Le bien paraît habité de l'extérieur (minuterie, jardin entretenu)
  • Marche à suivre en cas d'urgence notée par écrit (numéros 112 / 062, avocat, gestion immobilière)

Et après ? Réparation des dégâts et conséquences fiscales

Après une expulsion réussie, un autre problème attend souvent : les occupants laissent parfois le bien dans un état déplorable. Frais de réparation, nouvelles serrures, parfois même dégâts structurels sont à prévoir.

Pour les biens immobiliers loués, la période d'occupation illégale peut représenter une perte de loyer, ce qui peut avoir une incidence fiscale. Discute avec ton conseiller fiscal pour savoir si et comment tu peux faire valoir les frais correspondants. Si le bien doit être reloué par la suite, lis d'abord notre guide sur la location longue durée à Majorque – il explique aussi comment rédiger un contrat de location juridiquement solide, qui minimise les problèmes d'expulsion ultérieurs.

Si tu prévois des travaux de rénovation après l'expulsion, garde également à l'esprit les obligations de permis de construire à Majorque.


Conclusion : mieux vaut prévenir qu'expulser

La nouvelle loi anti-okupa (Ley Orgánica 1/2025) est une véritable avancée : des procédures accélérées dès 15 jours, des pouvoirs de police renforcés et des peines plus sévères pour les réseaux organisés de squatteurs font de l'Espagne l'un des pays les plus stricts d'Europe en matière de squat. Mais – et c'est essentiel – la loi ne fonctionne que si tu agis immédiatement et que tu as les bons documents sous la main.

Ce qui compte, ce n'est pas un délai de 48 heures – qui n'existe pas dans la loi –, mais la question de savoir si le bien occupé est un logement habité (morada, art. 202 CP) ou une résidence secondaire ou de vacances vide (usurpación, art. 245 CP). Pour le second groupe – et c'est le cas de figure habituel de nos lecteurs –, la police a presque toujours besoin d'une décision judiciaire. Signaler rapidement les faits reste néanmoins le levier le plus important : seul celui qui dénonce l'occupation au moment même des faits permet une intervention pour flagrancia. La prévention – un bon système d'alarme, une personne de confiance sur place, la Nota Simple actuelle sur le smartphone – n'est donc pas un simple plus, mais l'investissement le plus judicieux pour tous ceux qui n'habitent pas en permanence leur bien à Majorque.



Sources officielles

Quelle est la différence entre un okupa et un locataire défaillant ?
Un okupa s'introduit dans un bien immobilier sans aucun lien juridique – c'est un délit (art. 202/245 du Code pénal). Un locataire défaillant, lui, avait à l'origine un contrat de location légal. Pour lui s'applique le droit civil, avec la procédure d'expulsion *desahucio*, qui se déroule séparément de la nouvelle procédure accélérée.
La police peut-elle expulser immédiatement les occupants ?
Cela dépend de ce qui a été occupé, pas du nombre d'heures écoulées. Le droit espagnol ne connaît pas de délai de 48 heures. Pour un logement habité (*morada*, art. 202 du Code pénal), la police peut intervenir immédiatement en cas de flagrant délit. Pour un bien de vacances ou une résidence secondaire vide, il s'agit d'une *usurpación* au sens de l'art. 245 du Code pénal – dès la première minute, mais la police a alors généralement besoin d'une décision judiciaire. Pour les biens de vacances à Majorque, l'idée d'une expulsion policière immédiate ne se vérifie donc, la plupart du temps, pas. L'essentiel reste de signaler l'occupation au moment même des faits – ce n'est qu'à cette condition qu'une intervention pour *flagrancia* peut être envisagée.
Combien de temps dure une expulsion selon la nouvelle loi ?
Dans le meilleur des cas – preuve claire, tribunal peu chargé – deux à trois semaines sont réalistes. Dans les tribunaux très sollicités, cela peut prendre plusieurs mois malgré la procédure accélérée.
Ai-je le droit, en tant que propriétaire, de couper l'eau ou l'électricité ?
Non. Couper les services (eau, électricité) est considéré en Espagne comme un *Delito de coacciones* et peut entraîner une plainte pénale contre toi. Adresse-toi exclusivement à la police et à un avocat.
De quels documents ai-je besoin pour porter plainte ?
Au minimum une Nota Simple (extrait du registre foncier) à jour, prouvant ta propriété. Des photos, des témoignages et l'Escritura (acte de vente notarié) sont également utiles. Sans Nota Simple, la police prend souvent la plainte moins au sérieux.
Une assurance habitation me protège-t-elle contre les dégâts causés par des Okupas ?
Certains produits d'assurance espagnols proposent des clauses couvrant les frais d'avocat, la perte de loyer et les réparations après une occupation. Cela doit être explicitement prévu au contrat — les polices standard ne couvrent généralement pas les dégâts liés aux Okupas.
La nouvelle procédure accélérée s'applique-t-elle aussi aux biens détenus par des banques ?
Selon la pratique juridique antérieure, les biens bancaires étaient exclus de l'expulsion express, le gouvernement de gauche les considérant comme moins dignes de protection. La question de savoir si la Ley Orgánica 1/2025 instaure ici une égalité de traitement complète devrait être clarifiée au cas par cas avec un avocat.
Comment savoir si un bien que je veux acheter est occupé ?
Avant l'achat, mandate un avocat pour effectuer une visite physique et une vérification actuelle du registre foncier (Nota Simple). Rends-toi toi-même sur place à différents moments de la journée. Une occupation en cours se manifeste souvent par des changements de serrure, du linge étendu, des déchets ou des pièces visiblement habitées.