Règle des 183 jours en Espagne
Jours passés en Espagne
Explication
L’année civile (« año natural », du début à la fin de l’année) est celle sur laquelle porte le décompte. L’Espagne détermine la résidence fiscale pour chaque année civile et toujours pour l’année entière.
Explication
Les jours de présence sont tous les jours passés en Espagne, y compris entre deux séjours prouvés sauf preuve d’une présence à l’étranger. Les jours d’arrivée et de départ comptent chacun en entier.
Explication
Les absences sporadiques (« ausencias esporádicas », courts séjours à l’étranger) sont les jours non compris dans le nombre ci-dessus. La loi les ajoute au lieu de les soustraire.
Explication
Un certificat de résidence fiscale (« certificado de residencia fiscal ») atteste, par une autorité fiscale étrangère, que vous y êtes résident fiscal ; il vaut pour une année. Il exclut uniquement les absences sporadiques, pas la présence en Espagne.
Explication
Les séjours culturels ou humanitaires sont les jours relevant d’accords non rémunérés avec les administrations publiques espagnoles. Ils doivent déjà figurer dans les jours en Espagne et sont déduits ici.
Explication
Le centre des intérêts économiques (« núcleo principal o la base ») est le centre principal ou la base des activités ou intérêts économiques, directement ou indirectement.
Explication
La présomption familiale est une règle réfutable : votre conjoint non séparé légalement et les enfants mineurs qui en dépendent résident habituellement en Espagne. La loi exige les deux éléments.
D’après vos données, aucun des deux critères n’est rempli.
Résultat provisoire : l’année civile est toujours en cours.
- Jours de présence retenus
- 150 jours
- Absences sporadiques ajoutées
- 0 jours
- Jours de séjour comptabilisés
- 150 jours
- Seuil légal (plus de)
- 183 jours
150 = 150 jours
Jours manquants pour dépasser le seuil : 34.
L’IRPF est l’impôt espagnol sur le revenu des personnes physiques. L’AEAT, l’administration fiscale espagnole, peut compter d’autres jours présumés ; une jurisdicción no cooperativa (juridiction fiscale non coopérative) impose des preuves particulières. Une convention fiscale peut résoudre séparément la double résidence.
Exemples de calcul
Hivernant juste sous le seuil
Jours de séjour comptabilisés: 183 jours
D’après vos données, aucun des deux critères n’est rempli.
Expatrié juste au-dessus du seuil
Jours de séjour comptabilisés: 184 jours
Au moins un critère de résidence fiscale est rempli.
durée de présence
Navetteur dont les intérêts économiques sont en Espagne
Jours de séjour comptabilisés: 40 jours
Au moins un critère de résidence fiscale est rempli.
centre des intérêts économiques
État du droit au 1 janvier 2007
Ce calcul est donné à titre indicatif et ne remplace en aucun cas un conseil fiscal ou juridique adapté à chaque cas particulier.
À partir de quand êtes-vous considéré comme résident fiscal en Espagne ?
Vous êtes résident fiscal en Espagne au cours d’une année civile dès lors que vous y séjournez plus de 183 jours, ou que la majeure partie de vos intérêts économiques s’y trouve. Il s’agit des 2 critères de même rang prévus par la loi. Une présomption réfragable s’y ajoute : si votre famille vit en Espagne, l’administration fiscale présume que vous y êtes également résident. Si l’un de ces critères s’applique, l’impôt espagnol sur le revenu (Impuesto sobre la Renta de las Personas Físicas, IRPF) porte sur l’ensemble de vos revenus mondiaux, pour toute l’année civile et non seulement à partir de la date de votre déménagement.
Comment le calcul est effectué
L’article 9 de la loi espagnole relative à l’impôt sur le revenu (Ley del Impuesto sobre la Renta de las Personas Físicas, LIRPF) prévoit 2 critères de même rang pour déterminer la résidence fiscale des personnes physiques : il suffit que l’un d’eux soit rempli. Le premier, et le plus connu, concerne la durée de séjour : toute personne présente en Espagne plus de 183 jours au cours d’une année civile (año natural dans le texte de loi, soit l’année allant du 1er janvier au 31 décembre, et non 12 mois quelconques) est considérée comme résidente. Le terme « plus de » est déterminant : au seuil exact, vous ne l’êtes pas encore ; vous le devenez le jour suivant.
Comment sont comptabilisés les jours de présence
Cette méthode de calcul a été développée par la jurisprudence (le TEAC, Tribunal Económico-Administrativo Central) et reprise dans la pratique de l’administration fiscale espagnole (Agencia Tributaria, AEAT). Elle distingue 3 catégories, et ne se limite pas aux jours figurant sur un calendrier :
- Présence établie : chaque jour que vous pouvez justifier par des preuves, telles qu’un paiement par carte bancaire, un rendez-vous médical ou une carte d’embarquement. Les jours d’arrivée et de départ comptent chacun intégralement, quelle que soit l’heure.
- Jours intermédiaires présumés : lorsque d’autres jours s’écoulent entre 2 séjours établis, ils sont eux aussi considérés comme des jours de présence, sauf si vous prouvez que vous étiez effectivement à l’étranger.
- Absences sporadiques (ausencias esporádicas) : les courts séjours à l’étranger sont ajoutés à votre durée de présence en Espagne, et non déduits, sauf si vous démontrez, au moyen d’un certificat de résidence fiscale (certificado de residencia fiscal, document délivré par une administration fiscale étrangère), que vous y êtes résident fiscal. Ce certificat ne vaut toutefois que pour ces périodes d’absence : si vous totalisez déjà plus de jours de présence établie que le seuil, il ne permet pas de repasser en dessous.
Ce sont précisément ces 3 éléments que le calculateur ci-dessus prend en compte. Sont également exclus les séjours non rémunérés effectués dans le cadre d’accords culturels ou humanitaires avec des autorités espagnoles : ces jours ne sont pas comptabilisés et sont déduits du nombre de jours de présence.
Comment l’administration fiscale contrôle-t-elle
L’AEAT ne se fie depuis longtemps plus uniquement à vos propres déclarations. Elle recoupe les données qui lui parviennent : l’échange automatique d’informations avec les établissements financiers étrangers (CRS/FATCA), les mouvements de comptes et les paiements par carte en Espagne, les données d’entrée et de sortie du territoire, le registre foncier et le cadastre, ainsi que votre Empadronamiento (l’inscription au registre des habitants de votre commune) et les demandes de résidence en cours. Si vous ne documentez pas votre présence, vous risquez que l’administration procède à des estimations à votre désavantage. Un relevé de vos déplacements accompagné de justificatifs – cartes d’embarquement, factures d’hôtel, rendez-vous médicaux, pleins d’essence – n’a donc rien de paranoïaque : c’est une précaution concrète.
Pas d’année fiscale partagée
Si vous franchissez le seuil, vous êtes considéré comme résident fiscal pour l’ensemble de l’année civile, y compris pour les mois précédant votre déménagement, et sur la base de vos revenus mondiaux. Un départ ou une arrivée en cours d’année ne divise pas l’année fiscale espagnole, comme l’AEAT le précise expressément. C’est l’erreur la plus coûteuse lors d’un déménagement en cours d’année : une personne qui s’installe à Majorque à l’automne et franchit le seuil en décembre doit des impôts espagnols rétroactivement, y compris pour les mois précédents.
Le 2e critère : le centre de vos intérêts économiques
La durée du séjour est placée sur un pied d’égalité avec ce critère : si la majeure partie de vos investissements, de vos activités professionnelles ou de vos revenus se trouve en Espagne ou y est gérée, vous êtes résident, quel que soit le nombre de jours passés dans le pays. Exemple concret : un entrepreneur domicilié à Hambourg, mais qui gère depuis l’île son portefeuille locatif composé de plusieurs biens immobiliers à Majorque et y perçoit la majeure partie de ses revenus locatifs, peut devenir résident au titre de ce critère, même avec un nombre de jours de présence nettement inférieur au seuil requis.
La présomption familiale
Si votre conjoint dont vous n’êtes pas légalement séparé et les enfants mineurs qui dépendent de lui résident habituellement en Espagne, la loi présume qu’il en va de même pour vous : il s’agit d’une présomption réfragable, et non d’un 3e critère autonome. Le renvoi de la loi aux critères précédents précise sur quelle base s’apprécie la résidence habituelle de la famille ; il ne rend pas cette présomption subsidiaire. En pratique, elle devient importante lorsque votre propre durée de séjour et votre centre d’intérêts économiques ne suffisent pas, à eux seuls, à établir votre résidence. Pour la renverser, vous devez généralement démontrer 2 éléments : que vous restez vous-même sous le seuil de jours, et que vous êtes résident fiscal dans un autre État. Si vous installez votre famille à Majorque tout en faisant la « navette », vous devriez connaître ce lien ; consultez également notre guide sur la Residencia in Spanien.
Exemples de calcul
Saisissez vos propres chiffres dans le calculateur ci-dessus : il additionne les présences justifiées, les absences sporadiques et un éventuel certificat dans votre décompte des jours, puis affiche le calcul de manière transparente sous le résultat.
Cas particuliers
Double résidence : lorsque l’Allemagne et l’Espagne vous revendiquent simultanément
Il est fréquent que 2 États revendiquent simultanément la résidence fiscale d’une personne. C’est précisément à cette situation que répond la convention de double imposition (CDI) entre l’Allemagne et l’Espagne, avec des règles dites de départage (« Tie-Breaker »), inspirées de l’article 4, paragraphe 2 du Modèle de convention de l’OCDE, qui déterminent selon un ordre de priorité établi à quel État revient le droit d’imposer.
| Rang | Critère de départage (« Tie-Breaker ») | Explication |
|---|---|---|
| 1 | Foyer d’habitation permanent | Dans quel État disposez-vous d’un logement permanent ? Si c’est le cas dans les 2 : passez au critère 2 |
| 2 | Centre des intérêts vitaux | Dans quel pays vos liens personnels et économiques sont-ils les plus étroits ? |
| 3 | Séjour habituel | Dans quel État séjournez-vous habituellement ? |
| 4 | Nationalité | De quel État êtes-vous ressortissant ? |
| 5 | Procédure amiable | Les 2 États parviennent à un accord bilatéral |
Les critères sont examinés successivement : le suivant n’entre en jeu que si le précédent ne permet pas de trancher clairement. Il est important de savoir que la convention de double imposition s’applique uniquement aux impôts sur le revenu et sur la fortune. Il n’existe aucun accord entre l’Allemagne et l’Espagne en matière de droits de succession et de donation : le principe d’imputation limité s’applique alors, ce qui peut entraîner une importante double imposition. Il est donc judicieux d’anticiper la planification successorale ; vous trouverez davantage d’informations dans notre guide sur le testament espagnol.
Revenus mondiaux ou impôt des non-résidents
Dès lors que l’un de ces critères est rempli, vous devez déclarer l’ensemble de vos revenus mondiaux dans le cadre de l’IRPF, qu’il s’agisse de revenus locatifs provenant d’un logement en Allemagne, de dividendes ou d’une pension versée depuis l’étranger. C’est la différence fondamentale avec l’impôt des non-résidents (Impuesto sobre la Renta de no Residentes, IRNR), qui ne concerne que les revenus perçus en Espagne, déclarés via le Modelo 210, et s’applique aux non-résidents. Pour en savoir plus, consultez nos guides sur les impôts en tant que résident (IRPF) et sur l’impôt des non-résidents en Espagne.
Diplomates et agents consulaires étrangers
Il existe un cas particulier dans lequel un nombre de jours de présence supérieur au seuil ne conduit exceptionnellement pas à une résidence fiscale : les diplomates et agents consulaires étrangers en Espagne ne sont pas considérés, sous réserve de réciprocité, comme des contribuables au titre de cet article. Cela ne concerne pas l’immense majorité des expatriés et propriétaires de résidences secondaires, mais il convient de le mentionner par souci d’exhaustivité.
Territoires fiscaux non coopératifs
Si vous êtes originaire d’un pays ou d’un territoire que l’Espagne qualifie de territoire fiscal non coopératif (jurisdicción no cooperativa – jusqu’à un changement de terminologie en juillet 2021, on parlait de « paraíso fiscal », autrement dit de paradis fiscal), l’administration peut vous demander de prouver que vous y avez séjourné pendant la totalité du seuil annuel. Cette clause autorise simplement l’administration à l’exiger ; elle ne calcule rien automatiquement.
Quelle communauté autonome est compétente ?
L’article 9 détermine si vous êtes ou non résident en Espagne. Une autre question consiste à savoir quelle communauté autonome – les Baléares pour Majorque – est compétente au sein de l’Espagne : selon l’article 72, c’est la majorité relative de vos jours de séjour qui compte, et non le seuil prévu par l’article 9. Pour la plupart des résidents de Majorque, les 2 coïncident, mais cette distinction est importante si vous avez plusieurs résidences en Espagne.
Résidence administrative et résidence fiscale ne sont pas la même chose
Vous pouvez être inscrit sur les registres municipaux à Majorque et enregistré comme résident sans être résident fiscal – et inversement. L’Empadronamiento et l’inscription en tant que résident relèvent du droit administratif ; la résidence fiscale découle de la loi dès lors que l’un des critères de l’article 9 est rempli, que vous ayez ou non déposé une demande. Pour les démarches pratiques d’inscription, consultez nos guides sur l’Empadronamiento à Majorque et sur les autorités et formalités administratives en général.
Le régime Beckham comme alternative
Les personnes qui s’installent nouvellement en Espagne et remplissent certaines conditions – notamment disposer d’un contrat de travail espagnol – peuvent demander à bénéficier du régime dit Beckham, qui prévoit une imposition forfaitaire des revenus espagnols, plutôt qu’une imposition de leurs revenus mondiaux selon le barème progressif ordinaire. Ce régime ne modifie que l’imposition, et non la résidence elle-même ; il est soumis à des conditions strictes et limité dans le temps. Pour en savoir plus, consultez le guide sur la Beckham Law Espagne.
Les erreurs les plus fréquentes
- Ne regarder que les jours de séjour – et négliger le centre des intérêts économiques ou la règle applicable à la famille.
- Ignorer les jours intermédiaires présumés – en ne comptant que les jours de voyage qu’il peut justifier, le contribuable sous-estime systématiquement sa présence réelle.
- Ne pas se désinscrire en Allemagne – ne pas effectuer les démarches auprès du bureau d’enregistrement des habitants et de l’administration fiscale peut entraîner une obligation fiscale illimitée parallèle en Allemagne.
- Ignorer les règles des conventions fiscales – croire que l’on peut simplement payer quelque chose « dans les 2 pays » au lieu d’appliquer activement les règles de départage.
- Ne pas tenir de registre des séjours – en cas de litige, la charge de la preuve incombe au contribuable.
- Compter sur une convention fiscale en matière de succession – il n’en existe pas entre l’Allemagne et l’Espagne ; planifier sa succession suffisamment tôt ne remplace pas l’absence de convention.
- Oublier l’imposition de départ en Allemagne – si vous détenez des participations importantes dans des sociétés de capitaux, consultez votre conseiller fiscal allemand avant votre déménagement.
Délais et formulaires
Dès lors que vous êtes résident fiscal en Espagne, vous êtes soumis à certaines obligations, que vous ayez dépassé le seuil de peu ou largement.
- Déclaration d’IRPF : déclaration fiscale annuelle portant sur vos revenus mondiaux (voir plus haut). La période de déclaration se situe traditionnellement au 1er semestre de l’année suivante ; l’AEAT publie chaque année les dates précises.
- Modelo 720 : obligation de déclarer les avoirs détenus à l’étranger au-delà de certains seuils (comptes, biens immobiliers, titres à l’étranger) – détails dans le guide consacré au Modelo 720.
- Certificado de residencia fiscal : l’attestation de résidence fiscale de votre ancien pays de résidence, utile pour justifier des absences occasionnelles ou dans le cadre d’une convention de double imposition. Pour en savoir plus, consultez le guide sur le certificat de résidence fiscale.
- Numéro NIE : indispensable pour toutes les démarches fiscales et administratives – numéro NIE à Majorque.
- Certificado Digital : indispensable pour communiquer par voie électronique avec l’AEAT – demander un Certificado Digital.
- Gestoría : un cabinet administratif espagnol qui peut se charger pour vous de la déclaration d’IRPF et des obligations déclaratives – Gestoría en Espagne.
- Si vous êtes indépendant, s’y ajoutent les cotisations de sécurité sociale (Cuota Autónomo) ; si vous êtes retraité, le formulaire S1 Espagne peut également être nécessaire.
Base juridique et mise à jour
Ce guide s’appuie sur l’article 9 de la loi espagnole relative à l’impôt sur le revenu (Ley 35/2006, LIRPF), dont la version est inchangée depuis le 1er janvier 2007. Il tient également compte des indications pratiques de l’administration fiscale espagnole, notamment du Manual práctico Renta annuel de l’AEAT. La convention entre la République fédérale d’Allemagne et le Royaume d’Espagne en vue d’éviter la double imposition, dans sa version du 3 février 2011, s’applique à la double imposition avec l’Allemagne ; elle a remplacé l’ancienne convention de 1966. Ses règles de départage s’inspirent de l’article 4, paragraphe 2, du Modèle de convention de l’OCDE.
- Ley 35/2006 – LIRPF, article 9 (BOE, version consolidée)
- Agencia Tributaria – Résidence des personnes physiques
- BOE – Convention de double imposition Espagne–Allemagne du 3 février 2011
Mise à jour : septembre 2026. Le seuil utilisé dans le calculateur est directement issu de l’article 9 cité et sera actualisé en cas de modification de la loi.
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