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Acheter un bien immobilier ancien à Mallorca : les points à vérifier avant de vous engager

Responsable du contenu : Frank Menze

Acheter un bien immobilier ancien à Mallorca ne consiste pas seulement à examiner son agencement, son emplacement et son prix. Une maison peut paraître bien entretenue et présenter pourtant des dégâts dus à l’humidité. Une piscine peut être présente sans que les documents permettent de vérifier dans quelles conditions elle a été construite. Et un appartement mis en vente peut aussi être loué. Il faut donc confronter ce que vous voyez lors de la visite avec les informations du registre foncier et du cadastre, puis vérifier ce que les autorisations et les contrats permettent d’établir.

Ce guide vous propose de procéder dans un ordre logique : examinez d’abord l’état réel du bien, puis son certificat de performance énergétique et son certificat d’habitabilité, avant de vérifier les charges qui le grèvent, les dettes envers la copropriété et les éventuels contrats de location. Vous découvrirez aussi pourquoi un bien qui semble inoccupé ne sera pas nécessairement remis libre de toute occupation, et comment procéder si une maison n’est pas annoncée à la vente. L’objectif n’est pas de vous recommander d’acheter dans tous les cas, mais de vous aider à prendre une décision éclairée sur le bien précis qui vous intéresse.

Vérifier un bien ancien à Majorque avant l’achat

Comment savoir si un bien est à vendre ?

Une annonce ou une confirmation explicite du propriétaire peut vous indiquer qu’un bien est proposé à la vente. Mais une visite ne suffit pas à établir qui a le droit de le vendre. Faites donc vérifier que les informations concernant le vendeur correspondent à celles qui figurent sur le titre de propriété et sur un extrait récent du registre foncier, la nota simple.

Acheter un bien ancien à Majorque : vérifier son état, ses documents et les baux en cours

Si une maison ne fait l’objet d’aucune annonce, vous pouvez demander à son propriétaire s’il envisage de la vendre. Connaître l’identité du propriétaire ne prouve toutefois pas qu’il souhaite vendre et ne dispense pas de vérifier ensuite l’état du bien, les droits qui s’y attachent et les documents. Même si l’occasion se présente directement, ne sautez pas ces étapes.

À noter : mallorca.com, qui publie ce guide, présente des biens immobiliers à vendre. Vous pouvez les comparer aux annonces d’autres sources. Une annonce est un point de départ pour vos vérifications, pas une preuve de l’état juridique ou matériel du bien.

Que vérifier lors de la visite d’une maison ancienne ?

Ne vous limitez pas aux pièces à vivre. Le toit, la façade, les fenêtres, les terrasses et les locaux techniques méritent autant d’attention que la salle de bains et la cuisine. Renseignez-vous sur les réparations et les travaux d’entretien effectués, et notez les parties du bien auxquelles vous n’avez pas pu accéder.

Élément Points à vérifier sur place Questions à poser
Toiture, façade et espaces extérieurs Repérer les dégradations, les fissures et les traces d’humidité Quelles réparations ont été effectuées ?
Pièces intérieures Vérifier l’absence d’humidité ou de moisissures sur les murs, les plafonds, les sols et les fenêtres Des dommages antérieurs sont-ils connus ?
Équipements techniques Vérifier le chauffage, la climatisation, l’installation électrique et les raccordements à l’eau Quel est l’âge des installations et quels équipements ont été entretenus ?
Piscine et annexes Recenser les éléments existants Correspondent-ils aux plans et aux autorisations ?
Environnement du logement Être attentif aux bruits provenant du logement et de l’extérieur Quand et de quelle manière le bien a-t-il été utilisé pour la dernière fois ?

Si la structure, la toiture ou les installations techniques présentent des dommages, faites appel à un expert indépendant. Son examen permet de mieux cerner les travaux nécessaires qu’une visite avec le vendeur. Pour préparer votre visite plus en détail, consultez la liste des points à vérifier lors d’une visite immobilière.

Que faut-il vérifier concernant la performance énergétique ?

Demandez le certificat énergétique et confrontez-le à l’état réel du bâtiment. Renseignez-vous notamment sur les fenêtres, l’isolation, le chauffage et la climatisation. Vérifiez aussi si les pièces peuvent être suffisamment chauffées ou rafraîchies au quotidien.

Le certificat énergétique ne remplace pas une inspection technique : il ne vous indique pas si une installation fonctionne de manière fiable ni si de l’humidité se cache derrière un mur fraîchement peint. À l’inverse, trouver la température agréable lors d’une seule visite ne suffit pas pour juger de la performance énergétique. Notre guide consacré au certificat énergétique en Espagne vous en dit plus sur ce document.

Quels documents demander avant de vous engager ?

Commencez par rassembler les documents relatifs au bien. En les comparant à ce que vous avez vu pendant la visite, vous pourrez repérer d’éventuelles différences concernant la superficie, l’usage des lieux ou les extensions.

Document Ce qu’il permet de vérifier Point à contrôler
Titre de propriété et nota simple à jour Propriétaire, description du bien et charges inscrites Comparer les informations avec celles fournies par le vendeur et avec le bien visité
Données cadastrales Emplacement, superficies et éléments bâtis enregistrés Relever les différences avec le registre foncier et l’état réel du bien
Cédula de habitabilidad Justificatif d’habitabilité Vérifier sa validité ; elle est valable 10 ans
Certificat de performance énergétique Informations sur la performance énergétique Demander le certificat du bien proposé
Justificatifs de paiement de la taxe foncière (IBI) Historique des paiements Demander les justificatifs des 4 dernières années
Attestation de la copropriété, s’il y en a une Situation des charges de copropriété Vérifier les éventuels impayés

Les périodes indiquées sont des points à vérifier dans votre dossier. Elles ne prouvent pas, à elles seules, que la maison est conforme aux règles d’urbanisme ou qu’elle est libre de toute dette. Pour approfondir ces vérifications, consultez nos guides sur l’extrait du registre foncier et les charges qui grèvent le bien, le cadastre et la Cédula de habitabilidad.

Attention : pour la Cédula, ne vous contentez pas d’entendre qu’elle a „irgendwann einmal vorhanden gewesen“. Vérifiez le document et sa validité pour le bien concerné. L’absence de cette attestation peut notamment compliquer les démarches de raccordement aux réseaux.

Les informations du registre foncier et du cadastre correspondent-elles à l’état réel du bâtiment ?

Ne vous contentez pas de comparer les documents. Reprenez les plans et le descriptif du bien, puis parcourez à nouveau la maison : y a-t-il une terrasse supplémentaire, une piscine, un garage transformé ou d’autres pièces ? Notez chaque différence et demandez les documents relatifs aux travaux. La seule inscription au registre ne suffit pas à établir que tout est conforme aux règles d’urbanisme.

Pour les bâtiments anciens, un contrôle supplémentaire peut être nécessaire :

Point à vérifier Ce que cela implique pour votre vérification
Bâtiment de plus de 50 ans Demander, le cas échéant, l’Informe de Evaluación de Edificio (IEE)
Transformation, pièce supplémentaire ou piscine Comparer les autorisations avec l’état visible du bien et les éléments répertoriés
Hypothèque encore inscrite au registre malgré son remboursement effectif Demander une preuve du remboursement et clarifier les démarches restant à accomplir pour la radier

Les terrains ruraux, les biens proches de la côte et les bâtiments classés méritent une attention particulière : des restrictions supplémentaires peuvent s’appliquer à leur utilisation ou aux travaux. Si la situation d’une extension n’est pas claire, une promesse de « régularisation ultérieure » ne remplace pas l’examen du cas précis. Consultez également nos guides sur les extensions illégales lors de l’achat d’une maison et le droit du littoral à Majorque.

Quelles dettes et quels droits de tiers peuvent avoir une incidence sur l’achat ?

La nota simple est le point de départ pour vérifier les droits et les charges inscrits au registre. Examinez notamment les hypothèques, les servitudes ainsi que les droits d’habitation ou d’usufruit. Demandez expressément comment toute charge existante sera traitée avant ou pendant la vente.

Si vous achetez un appartement, vérifiez également la situation de la copropriété : demandez une attestation indiquant si les charges sont à jour et renseignez-vous sur les questions qui concernent le bien. Pour connaître les obligations courantes, consultez notre guide sur la Comunidad de Propietarios.

À noter : pour une hypothèque, « remboursée » ne signifie pas « radiée du registre ». Si elle figure encore au registre foncier, faites vérifier les documents relatifs à son remboursement et à sa radiation.

Que se passe-t-il si la maison mise en vente est louée ?

La vente doit tenir compte du bail en cours. Demandez à consulter tous les contrats de location et accords d’occupation, et vérifiez qui habite ou utilise réellement le bien. Pour organiser votre projet, vous devez savoir si vous pourrez y emménager, continuer à le louer ou en prendre possession à une date convenue, une fois le logement libéré.

Ne vous contentez donc pas de vérifier l’extrait du registre foncier. Renseignez-vous aussi sur les occupants et précisez dans le contrat de vente dans quel état le bien sera remis, ainsi que les droits d’occupation qui subsisteront. Une annonce de vente ou un changement de propriétaire ne garantit pas, à lui seul, le départ d’un locataire.

Si vous êtes locataire et que la maison que vous louez est mise en vente, faites examiner votre bail et les communications du propriétaire. Ne déduisez pas de l’annonce que votre location prend fin. Pour en savoir plus sur le cadre contractuel, consultez le guide consacré au bail d’habitation à Mallorca.

Dans quel ordre procéder avant de signer ?

  1. Identifier le bien et le vendeur : confrontez ce que vous avez vu lors de la visite à l’acte de propriété et à une nota simple récente.
  2. Documenter l’état du bâtiment : relevez les défauts, l’état des installations et des espaces extérieurs, ainsi que les zones inaccessibles ; faites appel à un expert indépendant si nécessaire.
  3. Comparer les documents : vérifiez les données du cadastre, la Cédula, le certificat énergétique, les documents relatifs à la construction, ainsi que les justificatifs fiscaux et ceux de la copropriété.
  4. Clarifier l’occupation du bien : recensez les baux en cours et les autres droits d’usage, puis vérifiez qui occupe réellement les lieux.
  5. Régler les questions en suspens avant de vous engager : traitez clairement dans le projet de contrat les documents manquants, les charges qui grèvent le bien et les conditions de remise souhaitées.

Cet ordre est particulièrement important, car même les contrats signés entre particuliers peuvent avoir une valeur juridique en Espagne. Faites donc examiner tout contrat de réservation avant de compter sur la possibilité de régler les questions en suspens plus tard. Le guide consacré au recours à un avocat lors d’un achat immobilier en Espagne explique comment intégrer un examen juridique indépendant à votre achat.

Les vérifications à effectuer, du titre de propriété aux points du contrat restant à clarifier

Les erreurs les plus fréquentes lors de l’achat d’un bien immobilier ancien

  • Se fier uniquement à l’apparence soignée du bien : des surfaces fraîchement rénovées ne vous renseignent ni sur l’état du toit et des canalisations, ni sur d’éventuels problèmes d’humidité passés.
  • Accepter les superficies sans les vérifier : comparez le bien que vous visitez aux indications figurant dans le registre foncier, le cadastre et les documents relatifs à la construction.
  • Considérer qu’une ancienne Cédula suffit : ce qui compte, c’est qu’elle soit encore valable pour le bien concerné.
  • Considérer qu’une hypothèque remboursée a été radiée : il faut aussi vérifier qu’elle a bien été radiée du registre foncier.
  • Confondre « Leer bei Besichtigung » et « frei bei Übergabe » : il faut examiner expressément les contrats et l’occupation effective du bien.
  • Partir du principe que vous pourrez louer le bien : si vous envisagez cette utilisation par la suite, sa légalité doit faire l’objet d’une vérification distincte.

Liste de vérification pour décider de votre achat

Avant de donner votre accord sur le projet de contrat, vous devriez pouvoir répondre à chacune de ces questions :

  • Les documents de propriété permettent-ils d’identifier le vendeur ?
  • Disposez-vous d’une nota simple récente, et les éventuelles charges ont-elles été clarifiées ?
  • Les informations du registre foncier et du cadastre correspondent-elles à l’état apparent du bien ?
  • Des documents permettent-ils de retracer les transformations, la piscine et les autres éléments construits ?
  • Disposez-vous d’une Cédula en cours de validité et du certificat de performance énergétique ?
  • L’état du bien et les travaux de rénovation prévisibles ont-ils été suffisamment vérifiés ?
  • Les justificatifs fiscaux et, le cas échéant, les paiements dus à la copropriété ont-ils été vérifiés ?
  • Les contrats de location, les autres droits d’usage et les conditions de remise du bien que vous souhaitez sont-ils clairement décrits ?

Une case non cochée n’est pas nécessairement une raison de renoncer à la maison. C’est toutefois un point à clarifier avant de vous engager.

Et ensuite ?

Si les résultats des vérifications concordent, il reste à mettre au point le contrat et les modalités de la vente chez le notaire. Les caractéristiques constatées du bien, les charges encore en cours et les modalités de sa remise doivent y correspondre aux documents que vous avez vérifiés. Le guide consacré au rôle du notaire dans l’achat immobilier détaille cette étape.

Après la remise du bien, vous devrez notamment vous occuper des formalités liées au registre foncier et aux contrats de fourniture, ainsi que des obligations courantes. Si vous envisagez de louer le bien, vérifiez les conditions applicables indépendamment de l’achat : être propriétaire ne suffit pas pour avoir le droit de louer.

Conclusion

Acheter une maison à Majorque est-il une bonne idée ? La réponse dépend du bien concerné et de l’usage que vous envisagez, pas de l’île en général. Pour un bien ancien, l’essentiel est de vérifier que son état visible, ses documents et son utilisation réelle concordent. Si des défauts, des travaux de transformation ou des baux restent à éclaircir, obtenez des réponses avant de signer : ne vous contentez pas de la promesse de les recevoir plus tard.

Ce contenu ne constitue pas un conseil juridique ou fiscal.

Sources officielles

Que faut-il vérifier en premier avant d’acheter une maison ancienne à Majorque ?
Commencez par examiner l’état réel de la maison, le titre de propriété et une *nota simple* récente. Comparez ensuite les informations du registre foncier et du cadastre avec les documents relatifs à la construction et l’usage du bien.
Quels points liés à la performance énergétique faut-il vérifier avant d’acheter une maison ?
Demandez le certificat de performance énergétique et vérifiez aussi sur place les fenêtres, l’isolation, le chauffage et la climatisation. Le certificat ne remplace pas une expertise technique.
Combien de temps la Cédula de habitabilidad est-elle valable ?
Le certificat d’habitabilité est valable 10 ans. Vérifiez que la Cédula présentée est encore valable pour le bien concerné.
Ai-je besoin d’un rapport IEE pour un bâtiment ancien ?
Pour les bâtiments de plus de 50 ans, un *Informe de Evaluación de Edificio* peut être nécessaire. Vérifiez s’il doit être fourni pour le bien concerné.
Puis-je acheter une maison louée et y emménager immédiatement ?
Ne partez pas du principe que c’est possible. Faites vérifier le bail, l’occupation réelle du logement et les conditions de remise du bien avant de vous engager fermement.
Comment savoir si une maison est à vendre ?
Une annonce ou une information donnée par le propriétaire peut vous l’indiquer. Vérifiez séparément, à l’aide des documents de propriété, que le vendeur est autorisé à vendre le bien.
Puis-je acheter une maison qui n’est pas annoncée à la vente ?
Vous pouvez demander au propriétaire s’il souhaite vendre. S’il envisage de le faire, vous devrez effectuer les mêmes vérifications concernant l’état du bien, les droits qui s’y attachent et les documents que pour un bien annoncé à la vente.
Un extrait du registre foncier suffit-il pour vérifier si des extensions ont été construites illégalement ?
Non. Comparez également les constructions visibles avec les données cadastrales et les documents relatifs aux travaux : une mention au registre ne suffit pas à régler toutes les questions de droit de l’urbanisme.